Rencontre avec un passionné de la randonnée en itinérance.
Simon n’a peur de rien. Pas même d’un ours, qu’il pourrait être amené à rencontrer lors son périple dans les Balkans. « J’ai une technique pour que les ours ne m’approchent pas. Je place ma nourriture à 50 mètres de ma tente, tout comme mon linge, et je me parfume de poivre ».
Dans son blog (www.simonwicart.com), Simon reprend cette maxime de Daniel Defoe, qui le caractérise si bien : « la crainte du danger est mille fois plus effrayante que le danger lui-même ». Sa seule crainte, finalement, c’est la crise sanitaire. Son départ était initialement prévu courant avril, mais avec le nouveau confinement, il a été repoussé au mois de mai. « Je sais que je vais potentiellement devoir rentrer… Je ne suis pas encore vacciné, et si certains pays imposent un passeport vaccinal pour pénétrer sur leur territoire, alors ça va compliquer mon périple, c’est sûr ».
Des pays, Simon va en traverser beaucoup. Après la France, il passera par les Alpes pour rejoindre l’Italie, la Suisse, l’Autriche, la Slovénie avant de rejoindre la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie et enfin la Grèce. Ses seuls accessoires pendant son voyage ? Un sac à dos, une bonne paire de chaussures (il en faut pour parcourir plus de 5 000 kilomètres), une tente, un matelas, un duvet, quelques vêtements, un appareil photo, un stylo et un carnet. « J’emporte aussi une liseuse, car quand on porte un sac de 20 kilos toute la journée, on évite de prendre de gros livres avec soi… ».
Apprendre à s’ennuyer pour se retrouver
Pendant huit mois – son retour est prévu en novembre – ce passionné de lecture va partir à la recherche de la liberté et de soi-même. « Quand tu marches pendant des mois, tu perds la notion du temps et finalement tu lâches prise. Surtout, tu te déconnectes complètement, tu apprécies l’instant présent et tu deviens toi-même. Je crois qu’à travers la marche, je me suis trouvé. Et puis tu t’ennuies aussi, mais tu apprends à t’ennuyer. Aujourd’hui, on passe notre temps à vouloir s’occuper ». Or, la marche ne laisse d’autres choix que d’habiter sa pensée, telle une maison dans laquelle vous découvrez que les choses les plus belles, les plus essentielles, ont été remisées à la cave pour faire place à une foule de divertissements dans le salon.
Simon s’est par ailleurs découvert deux passions : l’écriture et la photographie. Il se raconte dans un journal de bord en ligne agrémenté de superbes photos en noir et blanc (en vente sur son site).
Un projet pédagogique dans les écoles
Finalement, si Simon laisse loin derrière ses proches pour ressentir ce qui en lui s’est éloigné, c’est pour donner à lire et à écouter la manière dont ce périple, espère-t-il, l’aura de l’intérieur remis en « état de marche ». Il a ainsi deux projets : éditer un livre pour raconter ses expériences en France (en cours d’élaboration aux éditions Édita, à Tours nord) et proposer des contenus pédagogiques dans les écoles. « J’aimerais donner envie aux enfants d’écrire, de voyager, de découvrir de nouvelles choses et d’être créatifs. Toutefois, à ce jour, aucune école n’a donné suite à mon projet… Alors, si l’une d’entre elles me lit aujourd’hui… ».
Quant à son retour dans la vie professionnelle, Simon n’y pense pas encore. Il n’écarte pas un retour en banque, mais aimerait s’investir dans le secteur social après une première expérience de bénévolat à la Croix Rouge. « Mais j’aurais le temps d’y penser en marchant », dit-il.